Questions/Réponses

La mise à disposition de parcelle à un tiers pour une culture de pommes de terre doit faire l'objet d'une attention particulière, notamment vis-à-vis du respect de la réglementation française. Ce questions/réponses vise à éclaircir certains points. Il sera enrichi au fur et à mesure des questions qui nous sont remontées par les lecteurs.
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Surveillance de la santé des végétaux
 
 

1. En quoi consiste la surveillance des organismes nuisibles réglementés de la pomme de terre dans la région ?

Cette surveillance concerne les organismes nuisibles de lutte obligatoires. Ces organismes étaient réglementés par la Directive 2000/29/CE. Ils sont dorénavant définis par le règlement (UE) 2016/2031 depuis le 14 décembre 2019.

 

Afin de prévenir la dissémination des maladies en amont, des inspections sont réalisées par le contrôle de l’origine des plants de pommes de terre et par le contrôle d’introduction des tubercules au sein de l’Union européenne. Au sein de la région, une surveillance est réalisée sur la culture des plants de pommes de terre ainsi que sur la culture des pommes de terre de consommation. Ces contrôles concernent principalement les organismes réglementés suivants : Meloidogyne, Globodera, Clavibacter, Ralstonia, Synchitrium.

2. Que sont les Contrôles d’Origine des Plants (COP) ?

La DRAAF a proposé en 2018 de réorienter certains contrôles COP sur des actions ciblées en période de plantation (vérification de la présence d’un Passeport Phytosanitaire (PP) ou réalisation d’analyses via l’Organisme à Vocation Sanitaire - OVS).

 

L’objectif est de vérifier la conformité des plants de pommes de terre à la plantation.

 

Au bilan, suite à des signalements, 3 contrôles ont été réalisés à la plantation (2 producteurs belges, 1 producteur français). Les plants contrôlés étaient conformes (présence d’un PP).

 

Par ailleurs, tous les contrôles effectués habituellement après récolte ont été déclarés conformes, y compris pour les exploitants travaillant avec des producteurs belges.

3. Que sont les contrôles d’introduction UE des pommes de terre ?

La DRAAF a souhaité en 2018 augmenter le nombre de contrôles d’introduction des tubercules au sein de l’Union Européenne.

 

L’objectif est de s’assurer que les pommes de terre introduites ne portent pas de parasite réglementé (Meloidogyne, Globodera, Clavibacter, Ralstonia, Synchitrium).

 

Au bilan, ce sont 128 Contrôles Introduction UE pour la campagne 2018-2019 ont été réalisés, contre 76 pour la campagne 2017-2018, soit 60% supplémentaires. Aucun lot non conforme n’a été constaté.

 

Par ailleurs, il a été vérifié que les producteurs belges travaillant en France font bien leur déclaration d’introduction.

4. Que surveille-t-on sur les cultures de pommes de terre ?

La surveillance porte sur les organismes  Meloidogyne, Globodera, Clavibacter, Ralstonia, Synchitrium.

 

La surveillance est réalisée sur les plants de pomme de terre par le GNIS SOC (Groupement Interprofessionnel des Semences et des plants – Service Officiel de Contrôle).

 

Pour la filière de tubercules de consommation ou de transformation, elle est réalisée par la DRAAF – SRAL des Hauts-de-France, avec la FREDON en délégation OVS (Organisme à Vocation Sanitaire).

 

Les bactéries Clavibacter et Ralstonia ou les champignons  Synchitrium sont recherchés sur les tubercules. La bactérie Ralstonia est également recherchée sur les plantes hôtes de l’environnement (les morelles au bord des cours d’eau) et dans l’eau, pour détecter une éventuelle source de pollution par cette bactérie.

En 2019, concernant ces 3 organismes de quarantaine, 413 prélèvements de tubercules, 40 prélèvements de morelles et 40 prélèvements d’eau ont été réalisés. Aucun de ces organismes nuisibles n’a été détecté et confirmé.

 

Les nématodes Meloidogyne et Globodera sont recherchés dans la terre des parcelles.

En 2019, 60 prélèvements ont été effectués pour la recherche du Meloidogyne. Ils sont tous satisfaisants.

804 prélèvements de terre ont été réalisés pour la recherche de Globodera. Il a été détecté 3 nouveaux foyers et 11 parcelles en suivi de contamination, pour lesquels la présence des nématodes Globodera rostochiensis et Globodera pallida a été mise en évidence en 2019.

5. Combien de foyers de nématode Meloidogyne sont présents dans la région ?

Les nématodes à galles Meloidogyne sont polyphages. Ils s’attaquent à tout type de cultures, dont les tubercules, les bulbes et les racines. En cas de contamination, leur éradication nécessite la mise en place de mesures lourdes telles qu’une jachère noire (absence de culture avec une obligation de désherbage) et/ou des mesures importantes d’assainissement, pendant plusieurs années.

 

La région compte actuellement 6 foyers de nématodes Meloidogyne chitwoodi et Meloidogyne fallax, pour 52 ha, dont 2 producteurs de pommes de terre. Aucun nouveau foyer n’a été détecté en 2019. Le nombre de foyers est limité mais les mesures sont lourdes à mettre en place. L’éradication des nuisibles est en cours.

6. Combien de foyers de nématode  Globodera sont présents dans la région ?

Les nématodes à kystes Globodera s’attaquent spécifiquement aux cultures de pommes de terre. Les kystes peuvent résister plusieurs années dans la terre. C’est pourquoi, en cas de contamination, la culture peut être prohibée pendant plusieurs années et/ou elle peut faire l’objet de mesures spécifiques d’assainissements.

 

Le bilan de la gestion des foyers de nématodes Globodera rostochiensis et Globodera pallida dans la région est présenté dans le tableau ci-dessous :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2019, il a été répertorié :

 

3 nouveaux foyers déclarés,

61 foyers en cours,

254 ha contaminés,

12 parcelles prélevées en vue de levée d’interdiction dont 1 seule conforme. Mais, le nombre de kystes est globalement en baisse par rapport aux précédents prélèvements.

 

S’agissant des foyers de Globodera en bordure de la Belgique, il est également important de maintenir la lutte vis-à-vis des producteurs et de l’Organisme National de Protection des Plants (NPPO) belge. Ces nématodes à kystes restent organismes de quarantaine dans le cadre du Règlement UE/2016/2031.

 

Il est important d’éviter à terme toute remise en cause du statut de la France ou de la zone vis-à-vis de ces nématodes. Cela pourrait avoir des conséquences désastreuses en matière d’exportation ou simplement de déplacement de produits végétaux à l’intérieur de l’Union européenne.

 

Ainsi, la gestion de la rotation doit être strictement respectée. Le transport de terre par les engins agricoles doit être maîtrisé.

​7. Comment gère-t-on un foyer de contamination par le nématode Gobodera ?

Les prélèvements sont effectués par la FREDON (par délégation du SRAL) lors du plan de surveillance annuel.

 

Dans le cas de la découverte de kystes viables lors de ce premier contrôle, un nouveau prélèvement est réalisé par le SRAL pour déterminer l’étendue de la contamination.

Une fois les résultats complets obtenus et s’ils sont positifs, une notification d’interdiction de plantation de pommes de terre sur la parcelle est prononcée pour une période de 6 ans.

En fonction des résultats, on peut redécouper la parcelle, avec accord du SRAL.

 

Une dérogation reste possible pour emblaver des variétés résistantes avec accord du SRAL et selon un protocole spécifique.

 

L’efficacité « curative » des variétés résistantes n’est pas encore scientifiquement prouvée.

Ces variétés ne sont pas forcément valorisables dans l’industrie de transformation ou sur le marché du frais.

La demande de dérogation reste à l’initiative du producteur.

 

Une fois la période de 6 ans achevée, de nouveaux prélèvements sont effectués pour s’assurer de l’efficacité des mesures prises (baisse du nombre de kystes dans la parcelle). Si les nouveaux résultats sont positifs, les mesures sont prolongées pour 3 ans renouvelables (ex : 2010 → 2016→ 2019).

8. Lorsqu’une parcelle est contaminée par Globodera, que doit-on faire pour éviter l’extension de la contamination ?

1. Pas de plantation ni d’entreposage de pommes de terre dans la parcelle.

 

2. Aucune culture ni entreposage de végétal destiné à être replanté.

 

3. Éliminer tout risque de propagation des nématodes par le matériel agricole :

               a.  Lavage ou brossage du matériel :

                  - à la sortie de parcelle si le matériel doit se rendre dans une autre parcelle,

                               - à la ferme si le matériel ne traverse pas d’autres parcelles après élimination grossière de la terre.

               b. Attention au matériel d’entreprise qui doit systématiquement être nettoyé.

               c. Aucun entreposage de récolte, notamment de betteraves.

               d. La terre issue des récoltes doit rester sur la parcelle, ou faire l’objet d’un traitement spécifique (avis du SRAL).

 

4. Élimination systématique des repousses de pommes de terre tous les ans. Ce point est particulièrement important à respecter pour ne pas entretenir le cycle de survie des nématodes.

9. Quelle est l’évolution de la surveillance sur les cultures de pommes de terre ?

Il est prévu de modifier le protocole d’analyse de risques pour cibler les zones les plus sensibles et notamment les Flandres.

 

L’objectif est d’augmenter de 10 % le nombre de contrôles réalisés dans les Flandres.

 
 
 
 
 
 
 

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